Visite des chantiers du port Tanger Med
Date: 12/06/2007
Source: MET Karim GHELLAB, Ministre de l’Equipement et du Transport, a accompagné, ce mardi 12 juin, les parlementaires et la presse nationale pour une visite guidée du complexe portuaire et des chantiers de construction de ses voies d’accès. Avec un coût de plus 15 milliards de dirhams, Tanger Med sera le plus grand port de transbordement africain et un projet national d’exception, tant par ses retombées économiques que par son impact social.
Cette visite à un mois et demi de l’accostage du premier bientôt prévu vers la fin du mois de juillet prochain est la troisième que le ministre de l’équipement et du transport organise, depuis le démarrage des travaux afin de permettre aux représentants de la Nation et aux médias nationaux de comprendre le caractère stratégique du projet et d’en suivre la réalisation. Elle aura constitué une excellente opportunité pour les membres de la commission de l’intérieur, de la décentralisation et des infrastructures de la première chambre et les journalistes, de se rendre compte de l’importance des travaux engagés, de l’ampleur des chantiers d’envergure en cours dans le pays et de l’imminence de son entrée en service opérationnel dans les délais prévus initialement.
La situation géostratégique du Maroc lui confère une position privilégiée de carrefour du commerce international, un atout indéniable que le pays sous la conduite éclairée et ambitieuse de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, entend dorénavant traduire dans des projets à effets structurants à forte valeur ajoutée dans la nouvelle conjoncture mondiale d’économie de marchés. Le colossal projet de complexe portuaire Tanger – Méditerranée est la première et la grande illustration des nouvelles ambitions nourries par le Maroc. Ce complexe portuaire est connecté aux divers réseaux nationaux de communication et d’électricité par infrastructures et des installations techniques hautement performantes. Il comporte : - un port en eau profonde avec des ouvrages de protection d’une longueur de plus de 2 km, trois terminaux à conteneurs d’une capacité de 3,5 millions d’EVP, une longueur de quais de 2.040 ml à -16 et -18 m, et des terre-pleins de 95 hectares, - des zones franches logistique, commerciale et industrielle d’une superficie totale de près de 1000 hectares. En suivant in situ les explications des ingénieurs et techniciens marocains travaillant dans le projet, les visiteurs ont pu se rendre compte de l’état d’avancement très satisfaisant des travaux de réalisation. Les ouvrages de protection et les superstructures du 1er terminal à conteneurs sont d’ores et déjà achevées, et permettront au port de recevoir, comme prévu, son premier navire à conteneurs à la fin du mois de juillet. Les travaux de construction du 2éme terminal à conteneurs devraient être totalement achevés, comme prévu à la fin 2007.
Ils ont également pu mesurer tout l’intérêt réservé aux aspects environnementaux, la conception du port ayant été faite de manière à minimiser les apports d’enrochements et l’impact sur l’environnement. La jetée principale a été réalisée selon la méthode des caissons lestés afin de réduir le recours aux matériaux de carrières voisines. Comme cela a été rappelé lors de la visite, la gestion des terminaux à conteneurs a été confiée à des opérateurs internationaux de premier rang mondial. Les deux premiers terminaux à conteneurs seront ainsi exploités, dans le cadre de concessions portuaires, respectivement par APM Terminals (filiale du Groupe Maersk) en partenariat avec Akwa et au consortium Eurogate-Contship / MSC / CMA-CGM.
Le montant mobilisé pour la réalisation du port est de 4,7 milliards dh. En outre, un montant de 1milliard de Dh a été investi dans la réalisation, totalement achevée aujourd’hui, des travaux relatifs au hors site (canal de déviation de Oued Rmel) et à l’alimentation en eau potable et industrielle et le branchement au réseau électrique, et 3,3 milliards dh seront mobilisés pour la réalisation et l’aménagement des zones franches industrielle à Melloussa, commerciale à Fnideq et logistique, dont les travaux ont démarré.
La visite a démarré par le parcours des chantiers de construction des infrastructures de connections autoroutière et ferroviaire, accompagné des explications du déroulement des travaux et des défis relevés dans une région connue pour son sol difficile et son terrain escarpé et montagneux.
D’une longueur de 54 km, l’autoroute Tanger – Port Tanger Med coûtera environ 4 milliards de dirhams. Le trafic attendu à la mise en service de cet axe autoroutier est estimé à 2500 véhicules/jour. Pour sa réalisation, le projet a été scindé en quatre sections et 5 viaducs. Les travaux des deux premières sections ont démarré en août 2004 et ont atteint des taux d’avancement supérieurs à 90%, ceux des deux dernières, démarrés en juin 2005, sont de plus de 60%. En outre et afin de renforcer davantage les infrastructures de transport autour du futur port, ADM a mis en œuvre les travaux de dédoublement de la route RN16 entre le port et Fnideq sur 18 Km pour un coût estimatif de 250 millions de dirhams.
La connexion ferrée de la capitale du détroit au nouveau port de Tanger Méditerranée, l’autre méga-chantier lié au complexe portuaire représente un investissement de 3,76 milliards DH, qui permettent de construire une ligne nouvelle de 45 km s’étendant de la gare de Moghogha, à la sortie de Tanger jusqu’au nouveau site portuaire situé à mi-parcours sur la côte méditerranéenne reliant Tanger à Tétouan. Bien que le tracé soit d’une longueur relativement modeste, c’est un des chantiers ferroviaires les plus complexes jamais réalisés dans le Royaume. 40 millions de mètres cubes de terre seront remaniés, soit l’équivalent de 10 barrages, et la difficulté du terrain impose la réalisation d’ouvrages impressionnants : deux tunnels de 2700 et 600 mètres, neuf viaducs de 300 à 950 mètres et 11 ponts.
Ce nombre d’ouvrages est sans précédent dans l’histoire ferroviaire du Royaume, et un nouveau record viendra enrichir le réseau des grands ouvrages d’art ferroviaires: le viaduc de près d’un kilomètre de long, longueur jamais atteinte au Maroc.
A la complexité de ce chantier s’ajoute la célérité requise d’exécution des travaux qui devront être intégralement restitués dans un délai de rigueur n’excédant pas 30 mois alors que les experts préconisent, en général, deux fois plus de temps pour des chantiers similaires. Une véritable course contre la montre exigeant une mobilisation optimale de tous les moyens disponibles pour mener à bien les différentes tranches séparées en lots, et qui sont réalisées simultanément par une dizaine de sociétés nationales et internationales aux références professionnelles reconnues.
Le choix du tracé a été guidé par le souci de privilégier le désenclavement de la région Nord du Royaume par où transitent d’importants mouvements de capitaux, de marchandises et de personnes du Sud de l’Europe et de l’Afrique du Nord et de l’Ouest.
Le projet a également constitué une excellente opportunité d’amélioration du trajet Tanger-Casablanca, par la construction d’une nouvelle ligne de 47 Km, entre Sidi Yahya El Gharb et Machraâ Belksiri. Cette bretelle ajoutée à d’autres projets importants, notamment le renouvellement et l’électrification des voies permettront un gain d’une heure de trajet, une plus grande fréquence des trains, un meilleur confort et la préservation de l’environnement. Tous ces projets, en cours de réalisation par l’ONCF dans la région, représentent une enveloppe de 5 milliards DH.
Lors de cette visite menée par le ministre de l’équipement et des transports, les parlementaires et les membres des médias ont été accompagnés des responsables de l’ONCF, d’ADM et de TMSA qui leur ont fourni, chacun pour la partie et les ouvrages qui le concerne, toutes les explications et éclaircissement liées au déroulement des divers chantiers du projet.
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